Il y a 10 ans : la tempête Xynthia…

 
 
Il y a 10 ans : la tempête Xynthia…

Depuis la tempête Xynthia : 10 ans d’action pour renforcer la prévention des risques d’inondation et de submersion marine.

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia, d’une période de retour de l’ordre de 200 à 250 ans à La Rochelle, a durement frappé les départements de la Vendée et de la Charente-Maritime.

Cet événement météorologique dramatique, dû à la concomitance d’une forte dépression, avec des rafales de vent très violentes, et d’un fort coefficient de marée (102), a provoqué une importante hausse du niveau marin et des phénomènes de submersion rares.

En Charente-Maritime, le bilan est particulièrement lourd. 12 personnes décédées, 40 communes submergées, 70 000 foyers privés d’électricité, 4 800 maisons inondées, 23 200 hectares de terre agricole submergés, exploitations agricoles fortement touchées, établissements conchylicoles sinistrés, entreprises en difficultés, 120 km de digues endommagées, 40 km de voies départementales inondées.

Près de 1000 sauvetages et mises en sécurité ont été effectuées dans la nuit et les jours suivants, le Centre hospitalier de La Rochelle a accueilli 85 personnes en moins de quatre heures, dans la nuit et la matinée du 28 février, les sapeurs-pompiers ont enregistré 12 690 interventions entre le 28 février et le 10 mars 2010, des renforts humains (SDIS, UIISC) ont été affectés par la zone de défense. Le 6 mars 2010, près de 1200 hommes étaient sur le terrain en Charente-Maritime, dont 800 sapeurs- pompiers. 1 300 secouristes sont venus de 40 départements. Au total, ce sont plus de mille sauveteurs qui seront présents sur le terrain chaque jour, du 28 février au 9 mars 2010.

Mesures mises en place suite à Xynthia

Face à l’ampleur des pertes humaines dues à la tempête Xynthia, au traumatisme de la population et aux dommages matériels, l’Etat a mis en œuvre des mesures pour renforcer la prévention et la défense du littoral, en lien avec les collectivités, en plus des travaux d’urgence entrepris afin de réparer les brèches présentes au niveau des digues littorales (8 millions d’euros sont débloqués pour les digues lors de la phase d’urgence) et l’accompagnement au relogement en urgence des familles les plus sinistrées (750 familles, représentant plus de 2000 personnes ont dues être relogées en urgence).

Protéger les populations exposées en délimitant des périmètres d’acquisition amiable, dénommés « zones de solidarité », de façon à permettre à des populations résidant dans des zones particulièrement exposées de se réinstaller en dehors des zones à risques.

Cette mesure a conduit à l’acquisition de 472 biens par l’Etat, répartis sur douze communes en Charente-Maritime. L’ensemble des biens a été déconstruit, sauf autorisation ponctuelle de réutilisation pour un usage compatible avec le risque.

Ainsi, au total, le coût des acquisitions déconstructions/relogements temporaires est de 160,992 millions d’euros pour les acquisitions, le relogement et les déconstructions amiables.

Une stratégie sur le plus long terme pour répondre à des enjeux majeurs :

  • renforcer de la culture du risque ;
  • améliorer de la connaissance des aléas et des systèmes de surveillance ou de prévision, de vigilance et d’alerte
  • mieux maîtriser l’urbanisation et l’adaptation du bâti existant (via les PPRPlan de prévention des risques);
  • fiabiliser les digues et les systèmes de protection.

         

Mieux connaître le risque pour l’anticiper

- La mise en place d’une vigilance spécifique Vagues-submersion créée en octobre 2011 par MétéoFrance

- La mise en service depuis décembre 2011 de dispositifs d’avertissement aux précipitations intenses et aux crues soudaines avec le réseau Vigicrues

- L’organisation d’exercices de sécurité civile pour entraîner les équipes en charge de la sécurité et du secours aux réflexes à adopter en cas d’évènements (comme l'exercice submersion17 de novembre dernier)

- Des actions de prévention entreprises par les collectivités dans le cadre des PAPI notamment dont elles ont la charge

- Un tiers des communes de Charente-Maritime ont mis en place leur plan communal de sauvegarde. L’objectif du PCS est de se préparer préalablement en se formant, en se dotant de modes d’organisation, d’outils techniques pour pouvoir faire face à tous ces cas et éviter ainsi de basculer dans une crise (par exemple en définissant les lieux d’accueil de lise à l’abri, les modes d’alerte de la population, etc...).

    

Accélération des plans de prévention des risques littoraux

Ces plans permettent de prendre en compte le risque de submersion marine dans l’aménagement du territoire. Ils sont élaborés par les services de l’État en concertation avec les collectivités. Afin d’assurer la maîtrise de l’urbanisation et de limiter l’exposition aux risques.

En Charente-Maritime, 82 communes ont été identifiées comme prioritaires à l’époque. Fin 2019 :

→ 36 communes sont couvertes par un plan de prévention des risques littoraux approuvé ;

→ 32 communes sont couvertes par un plan de prévention des risques littoraux prescrit, dont l’approbation est programmée d’ici fin 2020 ;

→ 14 communes, sur lesquelles, après des études complémentaires, le nombre d’enjeux impactés par les risques littoraux n’apparaissaient pas significatif, font l’objet d’un porter à connaissance spécifique.

     

L’élaboration de programmes d’actions de prévention des inondations (PAPI) et le renforcement de la défense du littoral

Les PAPIProgramme d’Action de Prévention des Inondations permettent la mise en œuvre d’une politique globale, à l’échelle du bassin de risques. Ils ont suscité une forte mobilisation des collectivités pour la prévention des inondations. Ils servent à renforcer l'approche par bassin, faire émerger des maîtres d'ouvrage, favoriser les techniques douces, améliorer l'information des riverains.

En Charente-Maritime, 8 bassins de risques de submersion ont été identifiés : PAPIProgramme d’Action de Prévention des Inondations Nord Aunis, PAPIProgramme d’Action de Prévention des Inondations île de Ré, PAPIProgramme d’Action de Prévention des Inondations de l’Agglomération de La Rochelle, PAPIProgramme d’Action de Prévention des Inondations de la Baie d’Yves, PAPIProgramme d’Action de Prévention des Inondations Charente Estuaire, PAPIProgramme d’Action de Prévention des Inondations île d’Oléron, PAPIProgramme d’Action de Prévention des Inondations Bassin de la Seudre, PAPIProgramme d’Action de Prévention des Inondations Estuaire de la Gironde.

Les huit PAPIProgramme d’Action de Prévention des Inondations complets ont été validés au niveau national par la commission mixte inondation. Ils doivent faire l’objet d’avenants pour intégrer la compétence GEMAPI notamment.

L’État participe financièrement à hauteur de 50 % pour les études, et de 40 % pour les travaux de défense du littoral menés dans le cadre des PAPIProgramme d’Action de Prévention des Inondations.

L’ensemble des actions des PAPIProgramme d’Action de Prévention des Inondations dépasse les 200 M€.

En Charente-Maritime, le Conseil Départemental a pris la maîtrise d’ouvrage de la plupart des systèmes d’endiguement à l’exception de ceux de la Rochelle ville et de Châtelaillon-Plage

=> Pour aller plus loin, le dossier de presse :

> DP 2019 Exercice et stratégie de gestion du risque submersion BAT - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 5,76 Mb

       

      

Intervention d’Elisabeth Borne, au 4ème Conseil de défense écologique à Paris le 12 février 2020

« Nous accélérons l’adaptation de notre société aux conséquences du dérèglement climatique, avec des mesures de résilience et de protection face aux inondations et au recul du trait de côte. Protéger 17 millions de nos compatriotes exposés aujourd’hui au risque d’inondations, c’est massif et c’est concret ».

=> Le dossier de presse du ministère de la Transition écologique et solidaire :

> 20200212_DP_tempete Xynthia_MTES - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 1,93 Mb